
Bonjour,
Tout d’abord, merci à vous d’être là…
Avant de vous expliquer le déroulement du débat qui suit, on va vous lire un petit texte du « pourquoi » cette après-midi s’organise.
Au cours des trois dernières décennies, de nombreux lieux se sont développés et offrent aux individus, aux associations et aux collectifs les moyens nécessaires à l'expression de leurs volontés de transformation sociale.
A Grenoble , les cultures alternatives, populaires, de proximité, les cultures qui inventent, qui écoutent, qui partagent, qui repoussent les limites, celles qui se déplacent dans les quartiers, celles avec peu de moyen, celles dont le principe d’existence n’est pas la rentabilité et qui agissent, se battent pour leur droit à l’existence.
Différents évènements, assez récents, démontre que cette existence ne va pas de soi.
- Des lieux disparaissent, de diverses catégories, non seulement des lieux non institutionnel tel que les squats, comme les 400 couverts (ou le parad is yack), mais aussi des lieux institutionnels comme le Théâtre du Rio.
A croire que les pouvoirs publics sont pris au jeu de la marchandisation de la société et aux exigences de financement privés.
- La multiplication des réglementations, des contrôles et l'exigence de mises aux normes de plus en plus coûteuses en matière de sécurité dont le non respect entraîne un risque de fermeture administratives… Certains lieux pourraient être menacés comme, Le 102, l’ADAEP… et la Bifurk bien sûr.
Pour exemple cela fait 4 ans que l’ont se bat pour une salle insonorisé et à chaque fois que le chantier doit être lancé, ressurgie un problème de sécurité qui annule les travaux… et donc le projet.
Pourtant on nous somme de faire moins de bruit…
Nous constatons un manque d’intérêt pour les projets collectif fonctionnant sur un principe de mutualisation et de solidarité. Cela met évidemment en péril ces projets, comme si la notion de collectif faisait PEUR.
Vous connaissez la situation du collectif Man’art ou chez nous, où l'on nous impose deux conventions sur un espace que nous revendiquons unique.
Aujourd’hui, on nous reproche encore d’avoir d’accueilli des débats démocratiques, qui sortiraient du « cadre » de l’éducation populaire. Je fais référence aux débats sur Minatec et les Nanotechnologies, organisé par l’OGN dans cette même salle.
Nous nous posons des questions puisque même le débat d’aujourd’hui provoque des réactions chez les élus, jusqu’au cabinet du maire.
Nos politiques qui prônent la concertation publique et des initiatives citoyennes ne sont pas souvent à la hauteur de leurs déclarations d’intention: Des difficultés surgissent dans les relations entre les lieux inter associatifs et les collectivités territoriales. Il nous semble que ces dernières tiennent à exercer un contrôle étroit sur les actions entreprises et les paroles formulées.
Il est devenu aujourd’hui presque impossible de créer des espaces citoyens et ou de mission publique, différents des attentes de l’institution.
Sachez que la Bifurk pourrait disparaître dans le réaménagement de
Notre liberté d’expression est en danger. Beaucoup de lieux alternative sont en péril, il est peut-être temps que nous en parlions ensemble.
Si nous ne sommes pas capables aujourd’hui d’inventer ensemble des moyens d’actions collectives pour défendre l’identité de chacun alors nous ne serons que les spectateurs de notre propre disparition.
Nous sommes sûr qu’à nous tous nous pouvons encore faire reconnaître aux pouvoirs publics le droit de chacun à l’expression et à l’expérimentation dans les quelques rares lieux qui nous sont laissés.
Ainsi, une première rencontre a réuni une douzaine de lieux au Brise Glace en Juin dernier. Cette rencontre a révélé notre fragilité individuelle autant que notre force collective.
Face à nos difficultés, il nous reste aujourd’hui à créer l’outil qui rendra publique nos réflexions et nos aspirations afin de leur donner le plus d’écho possible.
Notre société est fondées sur des principes démocratiques, dont l’essence est la confrontation des idées. Dans ce cadre là, il est inadmissible que des hommes politiques refusent que des opinions divergent des leurs… alors que leur mission est bien de mettre en place des outils démocratiques permettant aux citoyens de s’exprimer librement.
La Bifurk est l’un de ces outils.
Voilà. Merci.
mado & marcel (membre du C.A de la Bifurk)