
Samedi 28 octobre 2006
14h30 à La Bifurk / Débat public
Démocratie Culturelle
Attention DANGER !
Y’a t’il un avenir pour des lieux d’expressions en marge d’une politique institutionnelle ?
Voici plusieurs années que différents lieux, collectifs, associations, squats, théâtres, défendent leurs pratiques artistiques, citoyennes et culturelles, sans qu’il y ait une reconnaissance réelle des pouvoirs publics.
Lieux de Culture Populaire et de Citoyenneté, ils sont une Terre d’Accueil, pour tous et chacun, un espace de rencontres, d’échanges, de confrontations et de pratiques plurielles, sans cesse en mouvement et toujours ouvert.
Aujourd’hui, ces lieux disparaissent, les uns après les autres...
Devant cette atteinte à la liberté d’expression, une dizaine de collectifs ont décidé d’inviter à la réflexion, les différents acteurs et citoyens sensibles à cette situation d’urgence.
C’est dans ce cadre que La Bifurk vous invite : habitants, passants, collectivités, associations, espaces culturels, politiques, artistes, sportifs... à un Débat/Jeux et “cadavres exquis” après son Assemblée Générale, sur des règles qui permettront à chacun de s’exprimer. Un livret (document de synthèse des débats organisés par les différents lieux) sera édité et communiqué auprès des pouvoirs publics et de la population en vue de constituer des actions concrètes utiles au changement.
Cet après midi se terminera sur un apéro guinguette à 18h30 ainsi qu’une projection cinéma à 21h00, toujours à La Bifurk.
Au plaisir de vous rencontrer, si ce n’est déjà fait.
Pour le collectif, mado, présidente de la Bifurk.
Bonjour,
Tout d’abord, merci à vous d’être là…
Avant de vous expliquer le déroulement du débat qui suit, on va vous lire un petit texte du « pourquoi » cette après-midi s’organise.
Au cours des trois dernières décennies, de nombreux lieux se sont développés et offrent aux individus, aux associations et aux collectifs les moyens nécessaires à l'expression de leurs volontés de transformation sociale.
A Grenoble , les cultures alternatives, populaires, de proximité, les cultures qui inventent, qui écoutent, qui partagent, qui repoussent les limites, celles qui se déplacent dans les quartiers, celles avec peu de moyen, celles dont le principe d’existence n’est pas la rentabilité et qui agissent, se battent pour leur droit à l’existence.
Différents évènements, assez récents, démontre que cette existence ne va pas de soi.
- Des lieux disparaissent, de diverses catégories, non seulement des lieux non institutionnel tel que les squats, comme les 400 couverts (ou le parad is yack), mais aussi des lieux institutionnels comme le Théâtre du Rio.
A croire que les pouvoirs publics sont pris au jeu de la marchandisation de la société et aux exigences de financement privés.
- La multiplication des réglementations, des contrôles et l'exigence de mises aux normes de plus en plus coûteuses en matière de sécurité dont le non respect entraîne un risque de fermeture administratives… Certains lieux pourraient être menacés comme, Le 102, l’ADAEP… et la Bifurk bien sûr.
Pour exemple cela fait 4 ans que l’ont se bat pour une salle insonorisé et à chaque fois que le chantier doit être lancé, ressurgie un problème de sécurité qui annule les travaux… et donc le projet.
Pourtant on nous somme de faire moins de bruit…
Nous constatons un manque d’intérêt pour les projets collectif fonctionnant sur un principe de mutualisation et de solidarité. Cela met évidemment en péril ces projets, comme si la notion de collectif faisait PEUR.
Vous connaissez la situation du collectif Man’art ou chez nous, où l'on nous impose deux conventions sur un espace que nous revendiquons unique.
Aujourd’hui, on nous reproche encore d’avoir d’accueilli des débats démocratiques, qui sortiraient du « cadre » de l’éducation populaire. Je fais référence aux débats sur Minatec et les Nanotechnologies, organisé par l’OGN dans cette même salle.
Nous nous posons des questions puisque même le débat d’aujourd’hui provoque des réactions chez les élus, jusqu’au cabinet du maire.
Nos politiques qui prônent la concertation publique et des initiatives citoyennes ne sont pas souvent à la hauteur de leurs déclarations d’intention: Des difficultés surgissent dans les relations entre les lieux inter associatifs et les collectivités territoriales. Il nous semble que ces dernières tiennent à exercer un contrôle étroit sur les actions entreprises et les paroles formulées.
Il est devenu aujourd’hui presque impossible de créer des espaces citoyens et ou de mission publique, différents des attentes de l’institution.
Sachez que la Bifurk pourrait disparaître dans le réaménagement de
Notre liberté d’expression est en danger. Beaucoup de lieux alternative sont en péril, il est peut-être temps que nous en parlions ensemble.
Si nous ne sommes pas capables aujourd’hui d’inventer ensemble des moyens d’actions collectives pour défendre l’identité de chacun alors nous ne serons que les spectateurs de notre propre disparition.
Nous sommes sûr qu’à nous tous nous pouvons encore faire reconnaître aux pouvoirs publics le droit de chacun à l’expression et à l’expérimentation dans les quelques rares lieux qui nous sont laissés.
Ainsi, une première rencontre a réuni une douzaine de lieux au Brise Glace en Juin dernier. Cette rencontre a révélé notre fragilité individuelle autant que notre force collective.
Face à nos difficultés, il nous reste aujourd’hui à créer l’outil qui rendra publique nos réflexions et nos aspirations afin de leur donner le plus d’écho possible.
Notre société est fondées sur des principes démocratiques, dont l’essence est la confrontation des idées. Dans ce cadre là, il est inadmissible que des hommes politiques refusent que des opinions divergent des leurs… alors que leur mission est bien de mettre en place des outils démocratiques permettant aux citoyens de s’exprimer librement.
La Bifurk est l’un de ces outils.
Voilà. Merci.
mado & marcel (membre du C.A de la Bifurk)
PREMIERE PARTIE
Autour du thème : « Quel avenir pour des lieux d’expressions en marge d’une politique institutionnelle ? ».
Durée 45 minutes + 15 minutes
Vous avez en votre possession 3 tickets « PAROLE » et 1 bordereau « QUESTION ».
mise en bouche
Autour du thème : « Quel avenir pour des lieux d’expressions en marge d’une politique institutionnelle ? ».
- Les 3 tickets « PAROLE » vous permettront d'intervenir dans cette première partie du débat.
- A chaque fois que vous prendrez la parole, vous devrez déposer votre ticket au centre de la table.
- Trois tickets, 3 prises de parole.
- Une fois tous vos tickets déposés, vous ne pourrez plus intervenir dans cette première partie du jeu.
(mais vous pouvez continuer à écouter...)
- Au bout de 45 minutes, la discussion doit prendre fin même si il vous reste des tickets « PAROLE » en main.
écriture d'une question individuelle
C'est à ce moment là, que vous utiliserez le bordereau « QUESTION ».
- Vous avez 15 minutes pour soulevez une question autour du thème de départ et des propos échangés pendant le débat.
- Une fois que vous avez écrit lisiblement votre question, retournez votre bordereau à la place où vous vous trouvez.
FIN DE
CHANGEMENT DE TABLE en 1 minute musicale…
Tout votre groupe se lève et se déplace (au rythme de la musique), selon le marquage au sol, pour se réunir, tout ensemble,sur une autre table où vous attend à votre nouvelle place une question retournée.
DEUXIEME PARTIE
Tour de table des réponse + construction de problématiques (le cadavre exquis vient d’arriver sur votre table…)
Durée 60 minutes
tour de table
- Après avoir pris quelques minutes de réflexion, chacun à votre tour, vous répondez à la question devant vous. (et uniquement à celle ci) en essayant de mettre en évidence la ou les problématiques qu'elle soulève.
(Faites attention à ne pas vous lancez dans un trop long monologue.)
écriture commune des problématiques
- Une fois le tour de table terminé, une discussion ouverte vous permettra de rédiger ensemble (sur une feuille A3 commune) la ou les problématiques fortes qui seront ressorties de ce tour de table.
(C'est cette feuille A3 qui sera affichée dans la salle d'expo tout à l'heure.)
FIN DE
TROISIEME PARTIE
Des propositions concrètes !
Durée 30 minutes
écriture commune de propositions
- Dans une discussion ouverte, vous chercherez à écrire (sur une feuille A3 commune) des idées de propositions, solutions, actions en réponse aux problématiques soulevées et à la question de départ « Quel avenir pour des lieux d’expressions en marge d’une politique institutionnelle ? ».
(C'est cette feuille A3 qui sera affichée dans la salle d'expo tout à l'heure.)
FIN DE
COMPTE RENDU PUBLIQUE
- Chaque table lit son cadavre exquis à la foule en délire.
- Les bordereaux « QUESTION » et les différentes A3 seront affichées par les gentil-es organisateurs -trices dans la salle d'expo pendant que vous buvez des coups à la buvette.